Suite arbres à clous

Avec l’aimable autorisation de Jean Luc Dubart, chroniqueur à la Radio Télévision Belge (VivaCité), je vous communique son travail de « vulgarisation » qu’il fait sur les antennes belges: http://www.dubart.fr.st

« Nous avons plusieurs exemples d’arbres à clous, d’arbres à loques dans nos régions. Les deux plus connus sont certainement : Herchies, ou plutôt : Herbaut et Stambruges. Vous avez également, plus nombreuses alors, des chapelles à loques, c’est-à-dire des chapelles sur les grilles desquelles pendent ce que l’on appelle en patois picard des « berlouffes ».

A Herchies : se dressent, côte à côte, un chêne et une chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue. En fait, il y a confusion, comme souvent d’ailleurs, entre Saint Antoine de Padoue et Saint Antoine l’Ermite…Dans le chêne sont enfoncés des clous fixant des linges ayant touché les furoncles des implorants. Vous voyez le lien entre clou, d’une part, le métal, et le clou, c’est-à-dire le furoncle. Et Saint Antoine l’Ermite est précisément vénéré pour les furoncles.

A Strambruges : il ne n’agit pas d’un chêne mais d’un robinier faux-acacia. Ce robinier a quelque 150 ans, il mesure 18 mètres et a une circonférence de 2m33. Cet arbre protège une petite chapelle abritant une statue de la Vierge, Notre-Dame de l’Arconpuch, Erconpuch, en patois picard. On pourrait parler de « l’arbre au puits ». Puch, en patois, désignant précisément le puits.

Stambruges et Herchies, sont des exemples typiques de la conjugaison de rites païen (l’arbre) et chrétien (le culte des saints ou le culte marial, le culte lié à la Vierge Marie). Il faut avouer que c’est souvent la nuit que des personnes se présentent pour invoquer la Vierge contre la rougeole, la coqueluche, les maladies infantiles, le retard dans l’apprentissage de la marche. Mais  sur l’arbre alors pendent des linges, des morceaux d’étoffe qui ont touché la personne malade.

Et la conjugaison  des rites païen et chrétien est tout à fait explicite dans le rite suivant : les maux de dents peuvent être guéris si l’on fait trois fois le tour de la chapelle dans le bon sens en récitant un chapelet (rite chrétien) mais auparavant il aura fallu frotter un clou sur la dent douloureuse et le planter dans l’écorce (rite tout à fait païen et magique, faut-il le dire ?)

Comment  expliquer la fonction des arbres à loques, des arbres à clous ? Freud a donné une autre dimension au transfert. Mais la démarche, me semble-t-il, est tout à fait psychanalytique. Je m’explique. L’arbre est censé recevoir le mal, les puissances maléfiques, les puissances diaboliques. L’arbre, c’est bien sûr le lien entre le terrestre (les racines) et le céleste (les cimiers). Les racines vont transmettre le mal aux puissances telluriques, c’est le retour à la terre, je dirai presque à la Terre-Mère, à Déméter en quelque sorte…

L’arbre d’Ostiches : qui est un hameau au nord de la ville d’Ath, est campé sur le côté de la route : il est difficile de ne pas le remarquer. C’est un arbre à loques, à chiffons comme l’on dit parfois…

Le tilleul, enfin, de Han-sur-Lesse est le plus didactique avec son panneau qui explicite bien les tenants et les aboutissants de la croyance… » Encore merci à Jean Luc Dubart

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